Avis à la population >
< La grippe: restez vigilants!
Le jeudi 31 mai 2012 10:21 Il y a: 356 days
Categorie: Messages à la population

Message à la population

Marketing agressif des compagnies de tabac


Journée mondiale sans tabac:
Maintenir nos efforts contre le marketing agressif des compagnies de tabac

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai, il importe de rappeler que la question du tabagisme au sein de nos communautés est loin d’être réglée, surtout chez les jeunes. Malgré les progrès des dernières années, le tabagisme représente toujours la première cause de maladies et de décès évitables au Québec, provocants chaque année la mort prématurée de plus de 10 400 Québécois et Québécoises.

Par ailleurs, depuis plusieurs années, la réduction graduelle des taux de tabagisme au Québec ne progresse plus de manière significative. Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, le taux de tabagisme n’a guère changé depuis 2005, diminuant de seulement 1,3 % en 5 ans.

Dans la région de Montréal, le taux de tabagisme se situe à 21 %. Par contre, chez les 12 à 34 ans, c’est plus d’une personne sur quatre qui fume, ce qui représente 27 % de fumeurs. Ces statistiques déjà préoccupantes ne représentent pourtant que le taux de consommation de la cigarette. Elles ne tiennent pas compte de la consommation des petits cigares (ou cigarillos) aux saveurs de fruits et qui sont beaucoup plus populaires auprès des jeunes que la cigarette.

Or, au Québec, plus du quart (25,9 %) des élèves en cinquième année du secondaire consomment ces produits aromatisés. Selon l’Institut de la statistique du Québec, « si l’on tient compte à la fois de la consommation de la cigarette et de celle du cigarillo, on constate que c’est 22 % de l’ensemble des élèves qui fait usage du tabac ».

La stabilisation du taux de tabagisme dans l’ensemble de la population signifie que pour chaque fumeur qui parvient à cesser de fumer ou qui meurt, une nouvelle personne s’initie à la cigarette. Au Québec, dans la grande majorité des cas, cette personne est mineure. L’âge moyen d’initiation à la cigarette chez les élèves du secondaire est de 12,7 ans.

Il faut donc se le demander : pourquoi, en dépit des interdictions de fumer, des mises en garde sur les emballages, des programmes et campagnes d’éducation, des restrictions sur la publicité et de la gamme de services et d’aides thérapeutiques en cessation, l’industrie parvient-elle toujours à prendre des milliers de jeunes dans le piège mortel du tabagisme ?

L'explication se situe en majeure partie dans ses nouvelles stratégies de marketing conçues pour assurer un afflux constant de nouveaux jeunes fumeurs. Saviez-vous que les produits de tabac aromatisés continuent d'envahir le marché ? Que l’industrie du cigare a simplement augmenté de 0,01 g le poids de ses cigarillos aromatisés afin d’échapper à la loi fédérale qui devait les interdire ? Qu’en plus des petits cigares aromatisés, on retrouve du tabac à priser, du tabac à mâcher en sachets et de la chicha tous aromatisés aux saveurs de vanille, de pomme verte, de miel, de banane et même de «chocolat hollandais»?

Saviez-vous que les vieux emballages traditionnels ont évolué et que de plus en plus de paquets de cigarettes épousent la forme de gadgets électroniques choyés par les jeunes, comme les iPod et les BlackBerry ? Ou que les emballages des nouvelles cigarettes ultraminces ressemblent à des boitiers de cosmétiques de luxe ?

En cette Journée mondiale sans tabac, je réitère l’urgence d’intensifier la lutte contre le tabagisme, et de compter non seulement sur l’éventail des efforts d’éducation et de cessation, mais aussi sur un cadre législatif empêchant l’industrie de déployer des stratégies de marketing qui rendent ses produits mortels attrayants auprès de nos jeunes.

Le directeur de santé publique,
Richard Massé, M.D.

Partager :TwitterFacebook

Espace du directeur

Le jeudi 31 mai 2012

Message à la population

Journée mondiale sans tabac:
Maintenir nos efforts contre le marketing agressif des compagnies de tabac

À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai, il importe de rappeler que la question du tabagisme au sein de nos communautés est loin d’être réglée, surtout chez les jeunes. Malgré les progrès des dernières années, le tabagisme représente toujours la première cause de maladies et de décès évitables au Québec, provocants chaque année la mort prématurée de plus de 10 400 Québécois et Québécoises.

Par ailleurs, depuis plusieurs années, la réduction graduelle des taux de tabagisme au Québec ne progresse plus de manière significative. Selon l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, le taux de tabagisme n’a guère changé depuis 2005, diminuant de seulement 1,3 % en 5 ans.

Dans la région de Montréal, le taux de tabagisme se situe à 21 %. Par contre, chez les 12 à 34 ans, c’est plus d’une personne sur quatre qui fume, ce qui représente 27 % de fumeurs. Ces statistiques déjà préoccupantes ne représentent pourtant que le taux de consommation de la cigarette. Elles ne tiennent pas compte de la consommation des petits cigares (ou cigarillos) aux saveurs de fruits et qui sont beaucoup plus populaires auprès des jeunes que la cigarette.

Or, au Québec, plus du quart (25,9 %) des élèves en cinquième année du secondaire consomment ces produits aromatisés. Selon l’Institut de la statistique du Québec, « si l’on tient compte à la fois de la consommation de la cigarette et de celle du cigarillo, on constate que c’est 22 % de l’ensemble des élèves qui fait usage du tabac ».

La stabilisation du taux de tabagisme dans l’ensemble de la population signifie que pour chaque fumeur qui parvient à cesser de fumer ou qui meurt, une nouvelle personne s’initie à la cigarette. Au Québec, dans la grande majorité des cas, cette personne est mineure. L’âge moyen d’initiation à la cigarette chez les élèves du secondaire est de 12,7 ans.

Il faut donc se le demander : pourquoi, en dépit des interdictions de fumer, des mises en garde sur les emballages, des programmes et campagnes d’éducation, des restrictions sur la publicité et de la gamme de services et d’aides thérapeutiques en cessation, l’industrie parvient-elle toujours à prendre des milliers de jeunes dans le piège mortel du tabagisme ?

L'explication se situe en majeure partie dans ses nouvelles stratégies de marketing conçues pour assurer un afflux constant de nouveaux jeunes fumeurs. Saviez-vous que les produits de tabac aromatisés continuent d'envahir le marché ? Que l’industrie du cigare a simplement augmenté de 0,01 g le poids de ses cigarillos aromatisés afin d’échapper à la loi fédérale qui devait les interdire ? Qu’en plus des petits cigares aromatisés, on retrouve du tabac à priser, du tabac à mâcher en sachets et de la chicha tous aromatisés aux saveurs de vanille, de pomme verte, de miel, de banane et même de «chocolat hollandais»?

Saviez-vous que les vieux emballages traditionnels ont évolué et que de plus en plus de paquets de cigarettes épousent la forme de gadgets électroniques choyés par les jeunes, comme les iPod et les BlackBerry ? Ou que les emballages des nouvelles cigarettes ultraminces ressemblent à des boitiers de cosmétiques de luxe ?

En cette Journée mondiale sans tabac, je réitère l’urgence d’intensifier la lutte contre le tabagisme, et de compter non seulement sur l’éventail des efforts d’éducation et de cessation, mais aussi sur un cadre législatif empêchant l’industrie de déployer des stratégies de marketing qui rendent ses produits mortels attrayants auprès de nos jeunes.

Le directeur de santé publique,
Richard Massé, M.D.

Partager :TwitterFacebook

Dr Richard Massé
Directeur de santé publique
Biographie

Audio / vidéo
Dernière vidéo :
Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière
Get the Flash Player to see this video.