Activité physique et tout-petits

Problématique

Dans un contexte où il y a nettement plus d’enfants de sept ans présentant un surplus de poids (embonpoint et obésité) dans la région de Montréal-Centre (21,3 %) que dans les autres régions (13 % pour les régions urbaines de plus de 10 000 habitants et 15 % pour les régions rurales ou les petites villes)1 , et que 9 % des enfants montréalais présentent un défi dans le sous-domaine de la motricité globale (courir, sauter…) et fine2 (dessiner, manipuler de petits objets), l’importance des activités physiques et sédentaires pour les enfants montréalais d’âge préscolaire doit susciter une attention spécifique.

La dimension psychomotrice est l’une des cinq dimensions du développement global de l’enfant. Le mouvement constitue l’une des principales composantes du développement physique, social, émotif et cognitif de l’enfant et l’un des importants moyens par lequel l’enfant forme une impression de lui-même et de son entourage.

L’enfant dont les habiletés motrices de base ne sont pas suffisamment développées pour pouvoir réussir ce qu’il entreprend est moins susceptible de choisir un mode de vie actif. Les habiletés motrices de base sont idéalement acquises dans les cinq à sept premières années de vie. S’il est vrai que beaucoup d’enfants développent effectivement de bonnes habiletés physiques par essais et erreurs, ce n’est pas le cas pour bien d’autres, pour qui les conséquences peuvent être graves, soit d’avoir moins d’occasions de développer leurs habiletés et de s’améliorer, et de finir par être de plus en plus distancés par leurs pairs plus doués. Au bout du compte, bon nombre de ces enfants moins aptes physiquement cessent d’essayer et renoncent à pratiquer des activités physiques qui influenceraient positivement leur santé physique et émotionnelle.

Pourquoi les enfants ne bougent plus autant? Plusieurs facteurs reliés à la modernité influencent la capacité des 0-5 ans à être actif ou sédentaire :3

  • Augmentation de l’accessibilité aux écrans et aux divertissements sédentaires (jeux vidéo, DVD)
  • Accroissement des chaînes de télévision dédiées au moins de 5 ans
  • Augmentation des artéfacts qui contraignent les tout-petits à ne pas bouger (ex. poussette et siège de vélo)4

De plus, l’augmentation du temps passé devant l’écran semble avoir un impact négatif sur le développement des tout-petits. Des résultats d’études indiquent que ces habitudes télévisuelles nuisent à l’acquisition du langage et au développement psychomoteur, et entravent ainsi leur intégration sociale et leur réussite scolaire5, 6

La quasi-totalité des enfants (90 %) commencent à regarder la télévision avant deux ans. L’âge moyen auquel un enfant commence à regarder la télévision est de cinq mois alors qu’en 1971, les premières expériences visuelles débutaient à l’âge de quatre ans7.

Suite à ces constats, il devient nécessaire d’agir très tôt sur tous les types d’environnements, susceptibles d’influencer l’enfant dans l’adoption de saines habitudes de vie.


Dernière mise à jour : 02 septembre 2014

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