Relations amoureuses des jeunes

Problématique


Amour, violence et jeunes

Amour et adolescence1

L’adolescence est une période de découvertes et d’apprentissages dans diverses sphères de la vie. Chez bien des jeunes, l’amour et la sexualité deviennent les principaux centres d’intérêt. C’est la période des premières fois, avec tout ce que cela comporte d’excitant et d’angoissant : premières expériences d’autonomie, premiers amours, premières peines d’amour, premières expériences sexuelles. L’adolescence est aussi une période de fragilité souvent camouflée par des attitudes extrêmes, la recherche d’émotions fortes et la prise de risques. Avec les changements physiologiques et psychosexuels apparaît la recherche d’intimité. Plusieurs adolescent(e)s ont un très grand besoin d’être en amour, que ce soit pour le plaisir, pour la satisfaction que cela apporte, parfois pour faire comme les autres, pour ne pas être seul(e)s ou pour éviter de se sentir exclu(e)s. D’ailleurs, en 1999-2000, les relations amoureuses constituaient la principale raison des appels des jeunes à Tel-Jeunes 2 .

En 2002, une enquête3 réalisée auprès d’un échantillon représentatif des jeunes québécois a permis d’estimer que 54 % des adolescent(e)s de 13 ans et 81 % de ceux de 16 ans avaient déjà vécu une expérience amoureuse. Parmi ceux-ci, près de 5 % des jeunes de 13 ans et environ la moitié des jeunes de 16 ans avaient expérimenté une relation sexuelle avec pénétration.

Un véritable choc culturel

La relation amoureuse est toute une aventure. C’est souvent un véritable choc culturel entre deux êtres fragiles en train de se construire, entre deux mondes, deux cultures. Chacun arrive avec son bagage : personnalité, tempérament, estime de soi, capacité relationnelle, habiletés sociales, habilités à résoudre les conflits, acquis intellectuels et culturels, modèles de relations amoureuses. Ces derniers sont particulièrement importants car le jeune n’a pas encore expérimenté et intégré sa propre manière de vivre en amour. Il peut alors arriver que des jeunes adoptent ou tolèrent dans leur vie amoureuse des attitudes qu’ils n’accepteraient pas dans leurs relations d’amitié.

Le désir d'une relation amoureuse saine

De façon générale, les jeunes associent une relation amoureuse saine à : partage, fidélité, confiance, complicité, faire l’amour, communiquer, vivre un sentiment de plénitude. À l’opposé, ils associent une relation difficile, non harmonieuse et vouée à l’échec à: tricherie, mensonge, jalousie, contrôle, perte de réputation, éloignement des amis, obsession de la sexualité.
Tout en espérant que leur relation amoureuse sera la plus harmonieuse possible, ils sont confrontés à des problèmes qu’ils ont parfois beaucoup de difficultés à résoudre. Par exemple :

  • Même s’ils trouvent en général que c’est normal d’être jaloux lorsqu’ils sont en amour, ils souffrent rapidement de la jalousie et du contrôle qui s’installent dans leurs relations.
  • L’obligation de faire l’amour pour prouver à l’autre qu’on l’aime ou celle de performer dans les relations sexuelles peuvent faire perdre aux jeunes une grande partie du plaisir qu’ils peuvent retirer de la découverte de la sexualité à leur propre rythme.
  • La recherche du respect et de l’intimité dans leurs amours est souvent influencée par les commentaires ou les mesquineries de l’entourage.

Les premières expériences amoureuses peuvent donc apporter soutien, plaisir et épanouissement, mais également, déception, tension et désarroi. Les confrontations seront parfois inévitables. Quoi qu’il en soit, une relation intime nécessitera toujours des ajustements et de la négociation. C’est à travers ces apprentissages que les jeunes poursuivront leur cheminement amoureux, que l’on souhaite le plus harmonieux et égalitaire possible.

Ce qui détermine une relation harmonieuse et égalitaire

  • Déterminants familiaux, sociaux et environnementaux. Les modèles de relations amoureuses véhiculés dans la famille immédiate ou élargie, dans le quartier, dans les médias, dans l’ensemble de la société ou dans la culture d’origine, jouent un rôle extrêmement important dans la manière dont le jeune va établir sa relation avec l’autre.

    Une société qui banalise la violence et le sexisme ne favorisera évidemment pas l’établissement de relations harmonieuses et égalitaires, ni chez les jeunes, ni chez les adultes. En revanche, dans une société où la culture reconnaît à tous des droits et des pouvoirs égaux et qui préconise des valeurs de respect de l’autre, de tolérance, de solidarité et d’acceptation de la différence, il sera plus facile de concrétiser son désir de vivre des rapports harmonieux et égalitaires.
  • Déterminants individuels. Le tempérament, la personnalité, la capacité d’empathie ou d’autonomie, le sens du partage et du respect de l’autre, leur attitude par rapport à la violence, les habiletés sociales, les habiletés à résoudre des conflits, l’estime de soi et le développement sexuel vont déterminer aussi la qualité de la relation amoureuse. Par exemple, si la relation amoureuse sert à combler des manques affectifs profonds ou à satisfaire des besoins de contrôle ou de domination, elle ne pourra être ni harmonieuse ni égalitaire. De la même façon, un jeune qui manque d’empathie aura de la difficulté à comprendre les besoins et les attentes de l’autre et, lorsqu’il y a présence de violence, il sous-estimera les conséquences des gestes posés.

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Références 
  1. Tremblay, P.H., Rondeau, L. et Bélanger, J. (2001). Les relations amoureuses chez les jeunes. Éléments de réflexion. Prévention de la violence ; Promotion des relations harmonieuses et égalitaires ; Intervention. Dans Actes du forum 17 novembre 2000 (Annexe 1). Montréal, Direction de la santé publique de Montréal-Centre, CLSC Olivier-Guimond.Automne 2000, 16 p. ISBN 2-89494-293-1 (PDF).
  2. Tel-Jeunes. Qui sommes-nous. Principales raisons d’appels en 1999-2000. Site Internet  
  3. Fernet, M., Imbleau, M., Pilote, F. (2002). Sexualité et mesures préventives contre les MTS et la grossesse. Dans Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois 1999 (chapitre 12, pp. 273-291). Québec : Institut de la statistique du Québec.

Dernière mise à jour : 20 novembre 2014

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