Virus de l'hépatite C (VHC)

Problématique

L’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) se transmet par exposition percutanée à du sang infecté; il est à noter que la transmission sexuelle est possible quoique rare. Au Québec, le principal mode de transmission du VHC est le partage de matériel d’injection. Il n’existe pas de vaccin pour prévenir cette infection. L’infection au VHC est souvent asymptomatique et seulement 15-25% des personnes infectées guériront spontanément; 75-85% des personnes infectées deviennent donc porteuses chroniques de l’infection et demeurent contagieuses. La principale complication du VHC est la cirrhose du foie qui survient en moyenne chez 20% des personnes atteintes d’hépatite C chronique. On estime que 20% des personnes qui souffrent d’une cirrhose causée par ce virus développeront un cancer du foie (carcinome). Bien qu’il s’accompagne de plusieurs effets secondaires et nécessite un suivi soutenu, il existe un traitement pour cette infection et le taux de guérison se situe entre 45 et 85% selon le génotype. Il est à noter que moins de 10% des personnes infectées par le VHC à Montréal auraient débuté un traitement.

Pour Montréal, un cas sur deux est attribué à l’injection de drogues (récemment ou dans le passé).

De nombreux cas de la catégorie « autre » rapportent avoir déjà consommé des drogues (par voie nasale ou en les fumant) et plusieurs rapportent des tatouages ou des perçages.

L’infection par le VHC chez les personnes UDI – données de SurvUDI

D’après les données montréalaises du réseau SurvUDI :

  • Environ deux personnes UDI sur trois ont des anticorps contre le VHC (taux de prévalence : 68%);
  • Chaque année, une personne sur quatre qui n’avait pas d’anticorps contre le VHC en développe (taux d’incidence de 27 par 100 personnes-années);
  • 90% des personnes UDI ont déjà été dépistées pour le VHC dans leur vie;
  • 45% ont été dépistées dans les 6 mois précédents;
  • Parmi les personnes UDI infectées : 27% ne sont pas au courant de leur infection;
  • Parmi les personnes UDI infectées qui le savent :
    • 44% ont vu un médecin dans les 6 mois précédents pour leur infection;
    • 9% ont déjà pris des médicaments pour leur infection au VHC.

Les deux tiers des personnes UDI ont déjà été infectées par le VHC et la transmission continue activement. Cependant, le dépistage est peu fréquent et plusieurs personnes infectées ignorent qu’elles le sont. Le suivi des cas infectés connus n’est pas généralisé.

L’infection par le VHC chez les HARSAH – données d’ARGUS
D’après les données montréalaises de l’enquête ARGUS 2008 :

  • Environ 4% des HARSAH sont infectés par le VHC (taux de prévalence : 4,2%):
    • chez ceux qui se sont déjà injecté des drogues : 30,3%;
    • chez ceux qui ne se sont jamais injectés : 1,8%;
  • 56% des HARSAH ont déjà été dépistés pour le VHC dans leur vie;
  • 37% des HARSAH ont été dépistés pour le VHC dans les 12 mois précédents;
  • Parmi les HARSAH infectés : 19% n’étaient pas au courant de leur infection.

Environ un HARSAH sur 25 est infecté par le VHC. Chez les HARSAH, l’infection par le VHC semble largement liée à l’injection de drogues. Environ un HARSAH infecté sur cinq l’ignore.

L’infection par le VHC dans les communautés ethnoculturelles – données d’une étude

> Québécois d’origine haïtienne
Aucun prélèvement n’a été trouvé positif parmi ceux des 624 Québécois d’origine haïtienne âgés de 15 à 49 ans ayant participé à une enquête épidémiologique en 2007-2008.

L’infection par le VHC chez les jeunes en difficulté – données d’une étude

> Jeunes de la rue
D’après une étude de cohorte menée auprès de 858 jeunes de la rue entre 2001 et 2004 :

  • Environ 1 jeune de la rue sur 7 a développé des anticorps contre le VHC (prévalence : 13,9%) :
    • chez ceux qui se sont déjà injectés : 30,4%;
    • chez ceux qui ne se sont jamais injectés : 0%;
  • Chaque année, parmi 100 jeunes de la rue qui n’ont pas d’anticorps, environ
  • 4 vont en développer (incidence : 4,1 par 100 personnes-années) :
    • chez ceux qui s’injectent : 22,2 par 100 personnes-années;
    • chez ceux qui ne s’injectent pas : 0,2 par 100 personnes-années;
  • L’ incidence du VHC chez les jeunes de la rue qui s’injectent est particulièrement élevée durant les premières années d’injection. Quatre ans après leur première injection, plus de la moitié des jeunes de la rue ont des anticorps contre le VHC.

Chez les jeunes de la rue, l’infection par le VHC est liée à l’injection de drogues. Parmi ceux qui se sont déjà injectés, près du tiers ont des anticorps contre le VHC. Et parmi ceux qui s’injectent, environ 4% développent des anticorps chaque année.