Tuberculose

Problématique

L’Organisation mondiale de la santé (OMS)   estime que le tiers de la population mondiale est infectée par le microorganisme responsable de la tuberculose, le Mycobacterium tuberculosis. En 2009, le nombre annuel de nouveaux cas s’élevait à plus de 9 millions à travers le monde et le nombre de décès se chiffrait à 1,7 million. Au Canada, cette même année, 1 599 nouveaux cas de tuberculose ont été déclarés pour un taux d’incidence global de 4,7 pour 100 000 habitants et au Québec, pour la première fois, le taux d’incidence est descendu en bas de 3 cas pour 100 000 habitants (2,5 cas pour 100 000) alors que le nombre de cas n’a jamais été aussi bas à 195 cas. 

Puisque le Québec et, par le fait même, Montréal voient leurs nombres annuels de cas de tuberculose et leurs taux d’incidence diminuer année après année, pourquoi faut-il encore se préoccuper de cette maladie?

Ces chiffres réjouissants peuvent nous cacher une réalité moins reluisante. La tuberculose frappe malheureusement de façon importante les couches de la population les plus vulnérables. Les personnes immigrantes en provenance de pays où la tuberculose fait encore beaucoup de ravages, les personnes itinérantes, les personnes aux prises avec le VIH et les autochtones en milieu urbain sont particulièrement touchés par la maladie. Leurs conditions de vie précaires font en sorte que pour eux, le traitement de la tuberculose n’est pas nécessairement prioritaire et favorisent la transmission de l’infection à leur entourage.

Depuis 2004, le Québec accueille annuellement 45 000 immigrants. Environ 90 % de ces immigrants demandent la résidence permanente au Canada, à partir de leur pays d’origine. Une très forte proportion de ces nouveaux arrivants est originaire de régions où les taux d’incidence de la tuberculose sont élevés. Comme on estime qu’au moins la moitié d’entre eux sont infectés, la population de porteurs de l’infection tuberculeuse latente (ITL) s’accroît à chaque année. Or, comme le risque annuel de progression d’une infection tuberculeuse latente vers une tuberculose active est d’au moins 0,1 %, il n’est donc pas interdit de penser que les tendances des dernières années pourraient se renverser et le nombre de cas augmenter.

Dans plusieurs pays d’où proviennent les immigrants, la résistance aux antituberculeux est une situation préoccupante. À cause des mouvements migratoires, on doit s’attendre à ce que le nombre de cas de tuberculose résistants à un ou plusieurs antituberculeux qui ne dépasse pas la vingtaine chaque année soit également en progression.

Enfin, depuis 2003, une éclosion de tuberculose évolue à bas bruit dans la région métropolitaine de Montréal. En janvier 2016, on dénombrait 33 cas appartenant à cette éclosion: 26 confirmés par un même MIRU et 7 avec un lien épidémiologique avec une personne ayant le même MIRU. Vingt cas résidaient à Montréal, 12 en Montérégie et 1 à Laval. Des 33 cas, 27 cas partagaient un ou plusieurs facteurs de risque de marginalisation que sont l’alcoolisme, la toxicomanie, la fréquentation de piqueries, la prostitution, l’itinérance, des antécédents d’incarcération, ou une coinfection par le VIH et/ou par le VHC. La transmission semble principalement liée à la fréquentation de divers lieux de consommation de drogues sur le territoire montréalais.

Consulter les données montréalaises sur le site ÉMIS  .