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Mise en contexte
Les données recueillies sur le territoire de l’île de Montréal ont montré que le plomb dans l’eau du robinet de certaines résidences peut dépasser la norme québécoise (10 microgrammes par litre (10 µg/L) après 5 minutes d’écoulement) (Règlement sur la qualité de l'eau potable
).
Après avoir analysé les données de plomb dans l’eau potable, la Direction de santé publique de Montréal considère que :
Cette précaution serait tout particulièrement pertinente pour les bébés alimentés avec des préparations commerciales de lait reconstitué avec de l'eau (lait concentré, lait en poudre).
De cette façon l'exposition de ces enfants à toutes les sources de plomb ne sera pas plus élevée que celle des autres enfants québécois.
Sur son site Internet, la Ville de Montréal
recommande également des gestes simples à intégrer à nos habitudes quotidiennes qui permettent de réduire notre exposition au plomb via l’eau potable :
Q1 - Comment l’eau de mon robinet peut-elle contenir du plomb?
Q2 - Comment savoir si j’habite une maison avec un raccordement en plomb ?
Q3 - Quels sont les effets du plomb sur la santé?
Q6 - Sommes-nous plus exposés au plomb que par le passé?
Q7 - Quels types de filtres sont efficaces pour l’enlèvement du plomb dans l’eau?
Q8 - Quelles sont les solutions prévues par les autorités municipales ?
Q1 - Comment l’eau de mon robinet peut-elle contenir du plomb?
L'eau potable produite et distribuée par les réseaux municipaux de l’île de Montréal ne contient pratiquement pas de plomb et est conforme à la réglementation québécoise. Ses caractéristiques physiques et chimiques ne favorisent pas la dissolution du plomb dans l’eau. Cependant, lorsque l’eau circule dans un raccordement en plomb présent entre certaines maisons et le réseau d’aqueduc municipal, elle peut se charger en plomb (Figure 1). L’eau chaude ainsi que l’eau qui n’a pas coulé depuis longtemps (le matin ou au retour du travail) ont tendance à contenir des concentrations plus élevées de plomb.

La présence de soudures en plomb dans la tuyauterie intérieure en cuivre ne peut pas, à elle seule, entraîner le dépassement de la norme de 10 µg/L de plomb après 5 minutes d’écoulement sur l’île de Montréal.
Q2 - Comment savoir si j’habite une maison avec un raccordement en plomb ?
Les citoyens montréalais qui désirent savoir si leur raccordement au réseau d'aqueduc municipal peut être en plomb peuvent communiquer avec le 311 ou consulter le site Internet de la Ville de Montréal
. Les citoyens des autres villes de l'île de Montréal peuvent communiquer avec le service des Travaux publics de leur municipalité.
Q3 - Quels sont les effets du plomb sur la santé?
Chez les jeunes enfants, les effets du plomb sur la santé associés au dépassement du seuil de plombémie considéré élevé par la santé publique (100 microgrammes par litre de sang ou 100 µg/L de sang) seraient de nature neuro-comportementale (diminution de la capacité d’apprentissage et du développement intellectuel de l’enfant). Or, la DSP estime que les niveaux moyens de plomb dans le sang des enfants qui habitent une maison avec un raccordement en plomb sur l'île de Montréal et qui boivent l’eau du robinet ne dépasseraient pas 100 µg/L de sang, à moins qu’ils soient exposés à d’autres sources importantes de plomb (Tableau 1). D’ailleurs, on n’a jamais rapporté une telle plombémie associée à la présence de plomb dans l’eau potable sur l’île de Montréal.
Q4 - Pourquoi la recommandation ne s’adresse-t-elle qu’aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 6 ans qui habitent une maison dont le raccordement avec le réseau d’aqueduc municipal est en plomb?
Les bébés ont une sensibilité accrue aux effets toxiques du plomb et ils peuvent être plus exposés que les enfants plus âgés, notamment s’ils sont nourris avec des préparations commerciales de lait reconstitué avec l’eau du robinet (lait concentré, lait en poudre).
Les jeunes enfants y sont aussi vulnérables compte tenu du fait qu’ils absorbent plus efficacement le plomb que les adultes, qu’ils sont sujets aux carences alimentaires qui favorisent l’absorption du plomb et qu’ils sont plus sensibles sur le plan hématologique (sang) et neurologique que les adultes.
Le foetus est considéré plus vulnérable car, durant la grossesse, une partie du plomb accumulé par la mère traverse la barrière placentaire pour atteindre le fœtus. Cependant, la mère devrait elle-même avoir une plombémie élevée pour que le risque soit important pour le fœtus.
Quant aux femmes qui allaitent, elles ne sont pas visées par le message de santé publique puisque la quantité de plomb présente dans le lait maternel ne constitue pas un risque pour la santé de leurs bébés.
Q5 - J’habite une maison dont le raccordement au réseau d’aqueduc municipal est en plomb, est-il recommandé de faire mesurer le niveau de plomb dans le sang de mon enfant?
Non. Compte tenu des niveaux de plomb mesurés dans l’eau du robinet de ce type de maisons sur l’île de Montréal, il n’y a pas lieu de faire mesurer le plomb dans le sang de votre enfant, à moins qu’une autre source importante de plomb soit présente dans leur environnement (Tableau 1).
Tableau 1. Sources d’exposition au plomb les plus communes
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Reliées au travail
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Reliées à l’environnement
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Reliées aux loisirs
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Reliées aux produits de consommation
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Q6 - Sommes-nous plus exposés au plomb que par le passé?
Non. Nous sommes actuellement beaucoup moins exposés au plomb que par le passé. En effet, au cours des dernières décennies, l’application de normes plus restrictives a permis d’éliminer pratiquement tout le plomb de l’essence, des boîtes de conserve alimentaire, de la peinture, des soudures de plomberie et des autres matériaux.
Par exemple, durant les années 1970, les préparations commerciales de lait « prêt à servir » contenu dans les boîtes de conserve ayant des soudures au plomb contenait une concentration moyenne de plomb de 70 µg/L comparativement à la norme québécoise actuelle de 10 µg/L dans l’eau potable; aujourd'hui les soudures en plomb ne sont plus permises dans les boîtes de conserve destinées aux produits alimentaires. De même, les concentrations moyennes de plomb dans l’air ambiant ont diminué de 97% au cours des 40 dernières années, passant de 70 µg/m³ en 1970 à moins de 0,01 µg/m³ en 2008.
Ces nouvelles normes ont permis de réduire considérablement l’exposition de l’ensemble de la population québécoise au plomb : les niveaux de plomb dans le sang des enfants ont, par conséquent, diminué de la même façon passant de presque 200 µg/L de sang en 1972 à environ 20 µg/L de sang aujourd’hui (Figure 2).

Q7 - Quels types de filtres sont efficaces pour l’enlèvement du plomb dans l’eau?
Les personnes qui habitent une maison avec un raccordement en plomb peuvent choisir d’utiliser un pichet filtrant, un système de filtration de l’eau du robinet qui s’installe au robinet ou sous l'évier afin de réduire les concentrations de plomb de l’eau du robinet (Figure 3). Il est recommandé de choisir des produits certifiés NSF/ANSI no 53 pour la réduction du plomb. Ces produits sont disponibles dans les quincailleries et certains magasins à grande surface. Les informations concernant la certification pour la réduction du plomb doivent être indiquées sur la boîte d’emballage de ces produits.

Il est très important de suivre fidèlement les recommandations du fabricant quant à l’installation et à l’entretien de ces filtres. En effet, ces filtres sont certifiés pour la réduction du plomb, mais ils n’éliminent pas les bactéries. De plus, on doit respecter avec rigueur la fréquence de changement des filtres.
Q8 - Quelles sont les solutions prévues par les autorités municipales ?
La Ville de Montréal et les villes liées concernées (Côte Saint-Luc, Hampstead, Montréal-Est, Montréal-Ouest, Mont-Royal et Westmount) se sont engagées à éliminer, sur une période de 20 ans, la section publique des entrées de service d’eau en plomb sur le territoire de l’île de Montréal et à encourager les propriétaires à changer leur section privée.
En effet, il faut remplacer tout le raccordement en plomb, c’est-à-dire la section privée située entre la maison et le robinet de service (sous la responsabilité du propriétaire de la résidence) et la section publique située entre le robinet de service et le réseau d’aqueduc municipal (sous la responsabilité de la municipalité) afin d’être assuré de régler définitivement les dépassements de la norme de plomb dans l’eau du robinet (Figure 1).